Interview du S.C St Jean d’AngĂ©ly
Publié le 02/03/2026
Interview – Le renouveau du club de football de Saint-Jean-d’Angély
À l’occasion de ce dossier consacré aux dynamiques locales du District de Charente-Maritime de Football, nous avons souhaité donner la parole aux acteurs qui font vivre le football amateur au quotidien. À Saint-Jean-d’Angély, le Sporting Club Angérien traverse une période charnière, entre reconstruction sportive, structuration interne et ambitions à long terme.
Pour comprendre les ressorts de cette nouvelle dynamique — des seniors à l’école de football, du développement du pôle féminin à l’engagement des bénévoles — nous avons recueilli les témoignages de celles et ceux qui portent le projet du club au quotidien.
Ils se sont prêtés au jeu de l’interview menée par Vincent Balluet.
- Après une période de reconstruction, les seniors herbe réalisent aujourd’hui une très belle saison en D1. Comment expliquez-vous cette dynamique positive : travail de fond, état d’esprit retrouvé, stabilité du groupe… et quels sont les objectifs à court terme, dès cette saison ou la prochaine, ainsi que la vision à 5 ans pour les équipes seniors du club ?
Après une phase de reconstruction, la dynamique actuelle s’explique par plusieurs facteurs complémentaires. Il y a d’abord eu un vrai travail de fond réalisé par Alexis Mathé, enfant du club revenu la saison dernière. Les principaux travaux ont été élaborés sur le plan sportif comme sur l’organisation globale : remise en place de principes de jeu clairs, exigence à l’entraînement et continuité dans le travail d’Alexis en misant sur la jeunesse.
« L’état d’esprit retrouvé est essentiel : le groupe est jeune, solidaire, chacun connaît son rôle et tire dans le même sens. Nous avons ciblé des joueurs avec des qualités footballistiques mais surtout humaines, tout en gardant une ossature et en intégrant progressivement les nouveaux. »
— Alexis Mathé, entraîneur seniors D1
À court terme, l’objectif est de continuer sur cette lancée, rester compétitifs chaque week-end et poursuivre la progression des jeunes joueurs pour viser le meilleur classement possible cette saison. Pour la saison prochaine, l’idée sera de confirmer cette progression et, espérons le, évoluer à l’échelon supérieur.
Sur cinq ans, la vision est claire : structurer durablement les équipes seniors, s’appuyer sur la formation du club, assurer une stabilité sportive et humaine et faire du groupe senior une référence dans notre secteur, tant par les résultats que par les valeurs et l’identité de jeu. L’ambition est de construire quelque chose de cohérent et pérenne, plutôt que de miser sur des coups d’éclat ponctuels.
- Repartir plus bas, c’est aussi reconstruire humainement. Qu’est-ce qui a changé concrètement dans la gouvernance, l’état d’esprit et la culture du club depuis cette descente ?
Repartir plus bas a permis de remettre l’humain au centre du projet. La gouvernance est devenue plus claire et proche du terrain, avec des rôles mieux définis et une communication fluide entre dirigeants, staff et joueurs. Les décisions sont prises pour le collectif et avec une vision à moyen terme.
« La descente a été un électrochoc. Le groupe s’est reconstruit autour de valeurs fortes : engagement, respect, solidarité et proximité. Les joueurs viennent pour le projet du club, pas seulement pour le niveau ou le résultat. »
— Alexis Mathé, entraîneur seniors D1
« La priorité a été de retrouver une base solide avec des dirigeants et des bénévoles, et rendre le club vivant à travers des événements et manifestations. Grâce à l’investissement de quelques personnes passionnées, le club a pu repartir et aujourd’hui un esprit de solidarité règne toujours. Nous poursuivons la redynamisation, le recrutement de la relève et le développement du club pour tous : joueurs, éducateurs, bénévoles et partenaires. »
— Thierry Adrien, président du SCA
3.La jeunesse est souvent présentée comme le socle de l’avenir d’un club. De l’école de football U6 à U17, quels sont aujourd’hui vos projets en matière de structuration, d’encadrement et de formation, et comment faire en sorte que ces jeunes ne soient pas seulement des licenciés… mais les joueurs, éducateurs ou bénévoles de demain ?
Une belle école de foot est la clé de l’avenir. L’équipe seniors doit être un modèle pour les plus jeunes, il y a une vraie réciprocité et une implication entre catégories.
Thibault Oglio, responsable technique jeunes depuis juillet 2025, structure l’école de football, encadre et forme les éducateurs, et suit tous les jeunes individuellement et collectivement. Il organise également des événements qui rassemblent toutes les catégories, comme les stages vacances et la présentation de l’école de foot, et met en place des réunions techniques pour faire évoluer le club.
« Nous impliquons les jeunes dans la vie du club : U15-U17 en tant qu’éducateurs des plus petits, participation aux matchs des seniors pour découvrir les causeries du coach, aide aux bénévoles pendant les stages… Cela leur permet de comprendre qu’être licencié c’est aussi faire vivre un club, au-delà du terrain. »
— Thibault Oglio, responsable technique jeunes
- Le football féminin prend de plus en plus de place dans le paysage sportif. Quelle est votre vision pour la section féminine du club et quels objectifs vous fixez-vous pour lui donner une vraie reconnaissance locale ?
Le projet féminin s’inscrit pleinement dans la dynamique du club. Depuis deux ans, le pôle jeunes se structure avec la création d’une équipe U11-U13 cette saison, tandis que l’équipe seniors poursuit son évolution depuis six ans.
« L’objectif est clair : créer un vrai pôle féminin sur notre secteur et continuer à faire progresser notre équipe seniors. »
— Thibault Oglio, responsable technique jeunes
« Notre priorité est de conserver une équipe féminine à 11, de développer le football féminin dès le plus jeune âge et surtout de donner envie aux filles de se retrouver autour d’un ballon, de créer des liens et de partager des valeurs collectives. »
— Julien De San Félix, entraîneur seniors féminines
Les féminines sont pleinement intégrées au club, au même titre que les garçons, et participent activement à la vie associative et aux initiatives locales.
- Le terrain synthétique est souvent présenté comme un levier majeur de développement. Quels sont, selon vous, les enjeux sportifs, éducatifs et sociétaux liés à cet équipement pour Saint-Jean-d’Angély et son territoire ?
Un terrain synthétique apporte professionnalisme et continuité au club. Le jeu ne s’arrête jamais, quel que soit le temps ou la saison. Il permet d’accueillir d’autres clubs pour des matchs amicaux et améliore la qualité du jeu.
Pour les enfants, c’est un outil exceptionnel pour progresser. Les séances sont régulières et de qualité, ce qui est un vrai plus pour leur apprentissage.
- Le futsal se développe dans le département. Est-ce une opportunité pour attirer de nouveaux pratiquants, diversifier l’offre du club et répondre à de nouvelles attentes, notamment chez les jeunes ?
Le futsal n’est pas une priorité pour le moment, il est utilisé en loisirs ou pendant les stages vacances. Les jeunes s’entraînent sous la halle en hiver et participent aux tournois proposés par le district, ce qui est un atout pour le club.
- Aucun club ne peut vivre sans bénévoles. Aujourd’hui, est-ce devenu plus difficile de s’engager ? Comment attirer, fidéliser et reconnaître celles et ceux qui font vivre le club dans l’ombre ?
« Les bénévoles sont le cœur battant du club. Sans eux, rien n’est possible. Il faut que chacun se sente important et que sa contribution ait un réel impact. La confiance est essentielle. »
— Thierry Adrien, président du SCA
« Mon rôle est de raconter la vie du club, de mettre en lumière celles et ceux qui s’investissent dans l’ombre et de retranscrire la convivialité qui nous anime. La communication permet de fédérer, de valoriser et d’attirer de nouveaux bénévoles. »
— Émilie Bernard, chargée de communication bénévole du SCA
Ancienne joueuse du club, son engagement s’inscrit dans la continuité de son histoire avec le SCA. Elle ne se contente pas de relayer l’actualité : elle crée du lien, valorise les actions menées sur le terrain et en coulisses, et contribue activement à fidéliser les bénévoles.
« Le bénévolat est aussi une opportunité de compétences et d’épanouissement. Quand on donne du temps au club, on reçoit beaucoup en retour. »
— Émilie Bernard, chargée de communication bénévole du SCA
- La formation des arbitres et des éducateurs est un enjeu clé pour l’avenir du football amateur. Le club se sent-il suffisamment accompagné et quel rôle peut-il jouer pour former les acteurs de demain ?
« Tous les éducateurs doivent être diplômés pour garantir la sécurité et la qualité de l’apprentissage. Nous accompagnons nos jeunes éducateurs et arbitres en formation, avec le soutien du district. »
— Thibault Oglio, responsable technique jeunes
Au SCA, les jeunes s’impliquent au-delà de leur licence, jusqu’à devenir arbitres et éducateurs. La formation est un pilier du club pour assurer la pérennité et la qualité de son encadrement.
- Le club s’ouvre aussi à des pratiques plus inclusives : football en marchant, football adapté, représentativité de tous les publics. Au-delà des résultats sportifs, souhaitez-vous que le club de Saint-Jean-d’Angély devienne un véritable acteur social du territoire… et finalement, n’est-ce pas là la plus belle victoire que le football amateur puisse offrir ?
Au SCA, l’inclusion ne se revendique pas, elle se vit. Du baby-foot à 3 ans jusqu’au foot en marchant pour les plus anciens, toutes les générations se croisent, se parlent, se connaissent. Il n’y a pas de cases, pas de catégories mises à l’écart. Il y a un club. Un seul.
« Le club doit être un lieu où chacun trouve sa place, quel que soit son âge, son parcours ou son niveau. »
— Thierry Adrien, président du SCA
Le foot en marchant permet à des passionnés de continuer à pratiquer le sport qu’ils aiment, de rester actifs et pleinement impliqués dans la vie du club. Le sport adapté occupe également une place essentielle, avec des licenciés intégrés à part entière.
Ici, le football dépasse le simple résultat. Il crée du lien, il rassemble, il éduque. Les jeunes côtoient les anciens, les joueurs échangent avec les pratiquants du sport adapté, les bénévoles partagent les mêmes émotions que les enfants.
« Grâce à nos pratiques diversifiées, nous restons un club sportif tout en étant un véritable lieu de vie. Tout le monde est représenté ici. Et c’est ce qui rend le club si enrichissant. »
— Thibault Oglio, responsable technique jeunes
Joueurs, licenciés, bénévoles, partenaires : chacun fait partie du même groupe. Ici, on ne parle pas seulement de performance. On parle de transmission, de partage et de moments vécus ensemble. Au SCA, le football est un prétexte magnifique pour rassembler les générations autour d’une même passion et faire en sorte que personne ne soit laissé de côté.
Propos recueilli par Émilie Bernard – ChargĂ©e de communication au SCA
À Saint-Jean-d’Angély, le football ne se limite pas à quatre-vingt-dix minutes le week-end. Au Sporting Club Angérien, il est devenu un véritable projet de territoire, un espace de transmission et de partage où se croisent toutes les générations. Formation des jeunes, développement du football féminin, accompagnement des arbitres et éducateurs, valorisation des bénévoles, pratiques inclusives : chaque action s’inscrit dans une vision cohérente et pérenne. Les résultats sportifs actuels ne sont qu’une étape. La plus belle victoire, pour le club comme pour le District de Charente-Maritime de Football, reste sans doute celle d’un football amateur capable de rassembler, d’éduquer et de faire grandir un territoire tout entier.
Vincent BALLUET
Président de la Commission Communication & Partenariats
District de Football de la Charente-Maritime
