Interview JS Angoulins

Publié le 30/01/2026

Interview > Le Petit poucet D3 : JS Angoulins en 6 tour Coupe NA face aux Diables Rouges – R2 !  

Aujourd’hui, le projecteur se pose sur une équipe qui évolue au sein de notre département. Une de celles qui avancent loin des projecteurs nationaux, mais jamais loin des valeurs qui font la beauté de ce sport. Cap sur la JS Angoulins, pensionnaire de Départemental 3, qui s’est brillamment qualifiée pour le 6ᵉ tour de la Coupe Nouvelle-Aquitaine, au terme d’un duel 100 % Charentais-Maritime face au FC RETHAIS au 5 ème Tour (R2). Une qualification méritée, acquise avec caractère, solidarité et ce supplément d’âme que seules les équipes profondément enracinées dans leur territoire savent offrir. 

À Angoulins, le football n’est pas qu’une affaire de résultats. C’est une histoire de bénévoles engagés, de joueurs fidèles au maillot, de dirigeants passionnés et d’un public qui répond toujours présent. La JS Angoulins, c’est un club qui vit, qui respire et qui se construit depuis 120 ans, mais avec une rigueur et une ambition sincères. À l’approche du 6ᵉ tour prévu le 22 février 2026, à domicile, le club qui sera la dernière D3 qualifiée de cette Coupe Nouvelle Aquitaine se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire, porté par une atmosphère unique — celle que seule la Charente-Maritime sait créer, entre ferveur populaire, convivialité et respect du jeu dans un derby face à un autre club du département le DR Diables Rouges de Châtelaillon.  (R2)

Derrière cette dynamique, un des visages incarne l’âme du club : Kevin Nahum. Incontournable, il est l’étendard d’une JS Angoulins fidèle à ses valeurs. Bénévole assidu, pointilleux dans son engagement et profondément attaché aux valeurs, il œuvre dans l’ombre comme sur le devant de la scène, avec la même passion intacte. À quelques jours de ce rendez-vous majeur, il a accepté de se confier dans un entretien réalisé par Vincent Balluet, pour évoquer le parcours, l’état d’esprit du groupe et ce qui fait la force d’un club qui ne triche jamais.

1. La JS Angoulins vit une saison exceptionnelle avec une montée de D4 en D3 l’an passé et une nouvelle accession en vue cette saison, en étant leader de D3. Comment expliquez-vous cette passe de deux en deux ans et quelles sont les clés de cette réussite ?

Incroyable, je dirais. Il est vrai qu’après le Covid, le club a traversé quelques turbulences. Néanmoins, Rudy Clerc, l’ancien président, a repris les rênes il y a trois ans, ce qui a permis de redresser le club sur le plan structurel. Laurent Pressac a ensuite repris le flambeau il y a deux ans et est toujours en poste aujourd’hui.

Depuis deux saisons, avec la nomination de Guillaume Rault — un pur Angoulinois, malgré quelques infidélités par le passé —, un véritable état d’esprit a été insufflé, basé sur la convivialité et le plaisir. James Panue, à ses côtés, a également joué un rôle important dans le recrutement de quelques « phénomènes ».

Les clés de la réussite ? Il n’y a pas de baguette magique. Tout est fragile. Chaque mois, chaque saison, tout est presque remis à zéro.

2. Cette dynamique sportive est portée aussi bien par les résultats que par l’état d’esprit du groupe. Quel regard portez-vous sur le travail réalisé avec les seniors, et comment construisez-vous un projet durable au-delà de la saison 2025/2026 ?

La dynamique sportive est clairement portée par l’état d’esprit du groupe : une bande de copains qui joue les uns pour les autres. C’est clairement notre plus grande force.

Construire un projet durable est compliqué, voire presque impossible, en raison du manque d’infrastructures. Nous avons un véritable plafond de verre. Chaque année, il faut construire ou parfois déconstruire. Malgré cela, nous nous efforçons de conserver notre identité, ce qui est primordial pour nous.

3. Le club semble également miser fortement sur la formation des jeunes. Quelle place occupent-ils dans le projet global de la JS Angoulins, et comment imaginez-vous leur intégration progressive vers les équipes seniors ?

C’est une question épineuse. Il faut être pragmatique. Nous aimerions évidemment axer davantage notre projet sur les jeunes, mais il existe une réalité humaine et structurelle.

Jean-Christophe Moulin fait un travail remarquable depuis de nombreuses années en tant que responsable technique jeunes : recrutement des éducateurs, gestion des parents… Il absorbe énormément de choses à lui seul, et je souhaite lui adresser mes sincères remerciements.

Nous disposons d’un seul terrain pour près de 170 licenciés, avec des parents accompagnateurs qui font leur maximum pour se transformer en éducateurs. Chaque année, tout est remis en question : des enfants plus ou moins talentueux quittent le club pour rejoindre des structures évoluant à un niveau supérieur. C’est la réalité d’un petit club, il faut l’accepter — et même être fier du travail accompli.

Nous avons également un plafond en termes de licences : nous ne pouvons pas accueillir tout le monde et nous arrêtons généralement l’accueil après les U13.

Cette saison, nous avons toutefois réussi à conserver une génération U14/U15 grâce à l’aimable coopération du FC Périgny, dans un échange gagnant-gagnant tant sur les joueurs que sur les compétences d’encadrement. Un grand merci à eux.

À l’avenir, il faudra accentuer les affiliations entre clubs afin de mieux orienter les jeunes sportivement et permettre aux petits clubs de bénéficier de compétences d’encadrement, voire structurelles. Rien n’est simple, il faut s’entendre et collaborer sur le long terme, mais j’y crois sincèrement.

4. Vous avez l’opportunité de disputer un 6ᵉ tour de la Coupe Nouvelle-Aquitaine face à Châtelaillon-Plage (R2), dans un derby très attendu. Quel est votre objectif pour cette rencontre et plus largement dans cette compétition ?

À la JS Angoulins, on dit souvent en plaisantant qu’on préfère sortir au premier tour de la Coupe de France… parce qu’on a plus de chances d’atteindre les 32es de finale en Coupe Nouvelle-Aquitaine. Et pour l’instant, ça fonctionne !

C’est une compétition que les petits clubs aiment jouer. Les équipes supérieures viennent parfois chez nous en faisant tourner, en pensant que ça passera. Nous avons pourtant sorti trois équipes évoluant au niveau régional, dont une qui était première de R2.

Concernant Châtelaillon, c’est le derby historique. Ils viennent souvent nous voir, et inversement. Il y aura toujours une rivalité entre nos deux clubs, et il faut la préserver. On va se chambrer d’ici le 22 février, peut-être se piquer un peu : c’est dans l’ADN de ce match.

L’enjeu restera sportif. Ce sera animé et électrique au stade Pierre Veillat le 22 février. Que la fête soit belle, mais pendant 90 minutes, ce sera le derby.

5. Entre la formation des jeunes, l’ambition sportive chez les seniors et les performances en coupe, quelle image du club souhaitez-vous véhiculer sur le territoire de la Charente-Maritime ?

Nous souhaitons avant tout continuer à exister. Et pour cela, il faut des bénévoles : c’est le nerf de la guerre. La JS Angoulins existe depuis 120 ans, et il faut que cela continue.

Nous prônons l’humilité. Nous ne faisons pas tout parfaitement, mais nous essayons de nous améliorer chaque année. C’est l’essentiel.

 L’ensemble des membres du District adresse ses encouragements à nos clubs départementaux encore engagés et leur souhaite un excellent match de 6ème tour de la Coupe Nouvelle Aquitaine.

Que cette rencontre se déroule dans le respect des règlements, du fair-play et des valeurs de convivialité qui fondent et animent le football de notre territoire.

Crédit Photo @studio ladiff

 

Vincent BALLUET
Président de la Commission Communication & Partenariats

Par Marilyne Pinard

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